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schureEdouard Schuré, écrivain et philosophe, un homme ouvert à toutes les cultures


Le Lycée de Barr porte le nom d’Edouard Schuré, depuis la mort de ce dernier à Paris en 1929. Originaire de Strasbourg, il est beaucoup plus connu en Allemagne et en vieille France qu’en Alsace, voire à Barr. C’est l’occasion de mieux faire sa connaissance.

Edouard Schuré est le type même du bourgeois aisé du XIXe siècle, qui peut vivre de ses rentes et donc faire ce dont il a envie.

Né en 1841 à Strasbourg dans une famille protestante influente (son grand-père maternel était doyen de la faculté de droit), le jeune Edouard n’a pas connu une enfance très heureuse : « Ma vie s’écoulait terne et solitaire entre mes devoirs d’écolier et la lecture des livres de piété ». Sa mère est morte quand il avait 5 ans, il vécu donc entouré d’hommes sévères, peu enclins à le comprendre. Une immense maison s’ouvrant sur un jardin dans la rue St. Nicolas à Strasbourg rappelle l’enfance d’Edouard.

A 7 ans, il fréquente le Gymnase Jean STURM et y passe son baccalauréat. S’il rejette le directeur spirituel choisi par son grand-père, il est marqué par son professeur d’histoire A. Leser qui développe son goût littéraire et l’initie à la littérature française. Un autre professeur, réfugié politique allemand, M. Grün, l’introduit à la littérature et à la philosophie allemande. Edouard Schuré est donc de double culture ce qui lui donne un esprit ouvert, voire universel.

Obligé par son grand-père à suivre des études de droit, il préfère fréquenter poètes et artistes, avec lesquels il discute et refait le monde. Parmi eux son ami musicien Victor Nessler, qui est son lien direct avec Barr ainsi que l’historien Rudolf Reuss.

Le décès de son grand-père en 1861 le libère enfin de toute contrainte, il peut dès lors s’épanouir, voyager, écrire…

Il part d’abord à la recherche de son âme germanique, parcourant l’Allemagne où il découvre le lied qui lui inspire son premier livre Histoire du Lied (1868). Il y fait aussi la connaissance de Richard Wagner lors d’une représentation de Tristan et Isolde à Munich. Il est subjugué par le célèbre et tumultueux compositeur avec lequel il se lie d’amitié. C’est ainsi que l’œuvre de Wagner devient le sujet de son second livre en 1875 : Le drame musical. Edouard Schuré devient même le défenseur fidèle du musicien dans les salons littéraires parisiens qu’il fréquentait avec Renan, Taine, Michelet, Aragon et Jules Ferry et qui furent source d’inspiration pour ses livres.

 

Edouard Schuré et la ville de Barr

 

Son ami le musicien Victor Nessler, fils du pasteur protestant de Barr, lui fait découvrir notre ville… et sa sœur Mathilde. Elle incarne l’élément féminin qui lui manquait jusqu’ici, aussi croit-il s’éprendre d’elle et l’épouse le 18 octobre 1866, malgré leur différence de milieu, elle pauvre fille de pasteur sans dot, lui riche bourgeois propriétaire de terres, de maisons, de rentes… Le couple s’installe à Paris.

S’il est vrai comme il l’écrit en 1868 que cette union avait pour seul but de scandaliser sa famille de Strasbourg, elle tourne vite à la banalité pour Edouard Schuré qui demeure en quête du grand amour de sa vie.

Il le trouve en la personne de Marguerite d’Albana Mignaty qui dirigeait un salon littéraire à Florence où Edouard Schuré passa quelque temps après la guerre de 1870. Il écrit : « Par une attraction magnétique instantanée le coup de foudre était sur nous ».

Marguerite devait sa séduction à sa beauté classique, son éducation anglaise, son expérience indienne et son goût pour l’art et la littérature. Elle fut ainsi son égérie pendant 17 ans, de 1871 à 1887, date de sa mort. Neuf mille lettres expriment leur grand amour. Elles se trouvent aujourd’hui aux archives de Strasbourg.

En 1889, après quatre années de travail, il publie son œuvre majeure, Les grands initiés. Ce livre connut un réel succès puisque 143 éditions lui furent consacrées et qu’il fut traduit dans presque toutes les langues. Il y évoque l’initiation d’Orphée, de Moïse, de Krishna, bref des grands mythes des religions du monde.

Pendant toutes ces années, y compris pendant l’annexion, il vint passer des vacances à Barr, dans la villa des Bouleaux qu’il avait achetée. Mathilde, effacée, résignée, supporta la passion de son mari avec dignité. Elle mourut en 1922. Sa tombe se trouve au cimetière Montparnasse à Paris.

Edouard lui survécut encore neuf ans. Il s’éteignit à Paris le 7 avril 1929.

Son œuvre est multiple : il écrivit sur l’art, l’histoire, la philosophie, s’inspirant autant de la Grèce antique que de la musique allemande. Il s’exprima aussi en poésie comme les « Chants de la Montagne » et produisit des pièces de théâtre comme Le théâtre de l’âme, Léonard de Vinci, etc…

Dans son œuvre ultime Le rêve d’une vie, il se définit comme :

un homme ouvert à toutes les cultures

« On ne pouvait plus me comparer à mes frères alsaciens dont l’âme flottait entre la France et l’Allemagne alors que la mienne avait été conduite par une Grecque au loin, à travers toute l’Europe. »

Emmeline, TL

   

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