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L’Ecole du Spectateur

 

Présentation

 

L’Ecole du Spectateur est un dispositif pédagogique proposé à quelques lycées de l’Académie, destiné à promouvoir le spectacle théâtral auprès des jeunes publics et à établir un partenariat avec un partenaire culturel, en l’occurrence la Comédie de l’Est, à Colmar.

 

C’est la 3ème année que le Lycée a l’occasion de participer à cette opération, toujours avec bonheur.

 

La classe de Première S1 du Lycée de Barr a la chance de suivre un spectacle tout au long de son élaboration, depuis le travail préparatoire sur le texte jusqu’à sa représentation, en passant par les répétitions ouvertes et la visite des coulisses du théâtre.

 

 

Cette année, la pièce au programme s’intitule « Orchestre Titanic » : écrite par le plus grand dramaturge bulgare contemporain, Hristo Boytchev, elle s’intéresse à un petit groupe de marginaux qui errent sur le quai d’une gare désaffectée, avec l’espoir vain qu’un train, promesse de lendemains meilleurs, s’arrêtera. Jusqu’au jour où un illusionniste leur fait miroiter le succès de leur entreprise, moyennant quelques compensations alcoolisées.

Sophie Sanchez, Professeur de Lettres

 

Intervention du metteur en scène dans la classe

 

Ce jeudi 6 octobre, le metteur en scène de la pièce, Laurent Crovella, intervient au lycée pour échanger avec les élèves.

 

L’occasion pour ce passionné de théâtre contemporain, qui n’en est pas à sa première création, d’évoquer son travail de metteur en scène, métier relativement récent, ainsi que celui du scénographe ou des régisseurs.

 

D’affirmer également que, pour lui, le théâtre n’est pas, ne doit pas être, le reflet de la réalité, mais une transfiguration du réel, une prise de position par rapport à celui-ci.

 

Laurent Crovella a fait réfléchir les élèves, qui avaient lu auparavant la pièce, sur de possibles scénographies, avant de lever un pan du voile sur sa propre conception.

 

Petit excursus très fructueux aussi, du côté de l’histoire littéraire : cette pièce n’est pas sans rappeler le Théâtre de l’absurde de Beckett, Adamov et Ionesco. Le concept de « déconstruction » propre à cette écriture est éclairé.

 

Et le metteur en scène d’expliquer encore à la classe que, derrière l’argument fantaisiste de la pièce, se cache une vision acerbe sur notre monde contemporain, avec une problématique : « que se passe-t-il lorsqu’une micro-société est à l’écart, dans un monde qui va de plus en plus vite ? ». Ces personnages de laissés-pour-compte deviennent l’allégorie des plus fragiles de notre société. Et ce magicien, l’emblème de celui qui vend du rêve à ceux qui sont assoiffés de chimères. Mise en abyme du dramaturge lui-même, ou, autre interprétation possible, reflet des politiques et de leur éblouissante rhétorique.

« Qui possède la parole possède le monde » lance Laurent Crovella, laissant les élèves méditatifs sur les potentialités inouïes de la maîtrise du langage !

 

Visite de La Comédie de l’Est à Colmar

 

Les coulisses

 

Le 16 octobre, la classe de 1ère S1 poursuit son travail lié au théâtre, en se rendant directement à la Comédie de l’Est. C’est ainsi que, forts des explications et anecdotes divulguées par Christel Laurent (Responsable des relations avec les publics) pendant la visite des coulisses, les élèves sont à même, désormais, de répondre, entre autres, à ces questions :

  • Comment distinguer « cour » et « jardin » sur une scène ?
  • Dans quelle direction le comédien doit-il se rendre lorsque le metteur en scène lui demande d’aller « à face », « au lointain » ou « au théâtre » lorsqu’il est sur la scène ?
  • Quelle différence y a-t-il entre une costumière et une habilleuse ?
  • Quels sont les différents régisseurs au théâtre ?
  • Qu’est-ce qu’un metteur en scène « en résidence » ?
  • Pourquoi le mot « corde » est-il interdit au théâtre ?
  • Pourquoi les comédiens ne doivent-ils pas porter de couleur verte sur scène ?
  • En quoi est-ce de mauvais augure d’offrir des œillets à une comédienne ?
  • Pourquoi dit-on le mot de Cambronne à une troupe théâtrale pour lui souhaiter bonne chance ?
  • Dans les loges, qu’appelle-t-on le « catering » ?
  • Pourquoi y a-t-il un écran de télé dans les loges ?
  • Qu’est-ce que la « mise » dont doit s’occuper le régisseur en tournée ?
  • Qu’est-ce que la « gélate » ?
  • Qu’est-ce qu’une « guinde » ?
  • A quelle hauteur le « gril » peut-il s’élever ?
  • A quoi servent les « pendrillons » ?

 

Les répétitions ouvertes

La 1ère S1 poursuit son exploration du monde du théâtre en assistant à des répétitions ouvertes. Immédiatement, ce qui frappe les élèves, c’est la quantité de travail fournie par les acteurs, le metteur en scène et la régie. Pendant plusieurs heures, toute l’équipe répète l’équivalent de 10 minutes de la pièce globale. Humilité et perfectionnisme sont les maîtres-mots d’un travail où rien n’est laissé au hasard. Chaque détail compte. Pourtant, une « erreur » de placement d’un comédien peut devenir un choix délibéré de mise en scène, cette « erreur » enrichissant le naturel d’un personnage.

 

Le metteur en scène dirige ses acteurs sur scène, afin d’être plus proche d’eux et renonce à sa place dans les gradins, près de la régie centrale. Pour faire saisir sa vision de tel rôle, plutôt que d’en passer par des considérations psychologisantes, il n’hésite pas à dire à son acteur de faire comme s’il était « un crayon ». Comment mieux signifier la rectitude du personnage ? L’une des gageures du travail du metteur en scène est de considérer les comédiens à la fois comme une troupe, cohérente et unie, mais aussi chaque acteur dans la singularité de son « fonctionnement ». Le dialogue pour « construire » le sens de la pièce se poursuit parfois jusque tard dans la soirée.

   

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